Nom vernaculaire : WAIDE ou guède ou pastel

Nom scientifique : Isatis tinctoria (grec)

Nom latin : vitrum

en anglais : woad, dyer’s woad,

en allemand : waid

Glatum du celte a donné en italien : guado et en espagnol : glasto


Famille : Brassicacées (Crucifères : moutarde, colza)

Géographie & Habitat : à l’état sauvage, la waide pousse dans les friches, les terrains vagues rocailleux, au bord des routes, s’adapte à tous types de sols mais préfère les sols profonds. La waide a été cultivée dans plusieurs régions de France depuis des temps très reculés : Normandie, Picardie, Provence, Languedoc. La waide a servi comme aliment du bétail (particulièrement intéressant l’hiver car elle ne gèle pas).

Depuis le Néolithique la waide est utilisée comme teinture pour le colorant BLEU que l’on obtenait en faisant fermenter et sécher les feuilles.

Les auteurs antiques connaissaient bien la guède : « Une certaine herbe qui ressemble au plantain est appelée en gaulois Glastum, les femmes et les jeunes filles de la Grande Bretagne s’en servent pour se teindre tout le corps lorsqu’elles assistent nues à certaines cérémonies religieuses. Elles ont alors la couleur des éthipiens. » PLINE (histoire naturelle)

Jules César la cite dans son récit de « la guerre des Gaules », en débarquant en Angleterre où il a rencontré des hommes peints en bleu, « les Pictes ».

Caractéristiques botaniques : généralement bisannuelle, quelquefois pérenne suivant les espèces.
Non gélive, la waide supporte jusque -15°C.
Elle pousse en rosettes, avec des feuilles oblongues ou elliptiques aux bords lisses puis légèrement dentelés, de 3 à 18 cm de long et de 1 à 4 cm de large. Elle est semée vers mars-avril dans nos régions, elle est récoltée de juillet à octobre, en plusieurs coupes.

  

La seconde année, une hampe florale apparaît de 1,20 à 1,50 m avec des petites fleurs alternées en fer de lance d’avril à juin, groupées, chacune comporte 4 pétales jaune vif de 3-4 mm de long.

Graines : les fruits sont des siliques pendants, plats et oblongs (8 à 18mm),contenant une seule graine (3-4mm) chacun, venant à maturité 2 mois après la floraison en juin – juillet : environ 380 graines par plant.

Usage tinctorial : La waide ou guède ou pastel des teinturiers est une plante à indigo avec laquelle on fabrique un pigment BLEU qui s’obtient soit à partir des feuilles sèches de première année (par fermentation) soit par une succession de réactions chimiques à partir des sucres spécifiques de la plante : indican et isatan (hydrolyse enzymatique puis oxydation).
Elle fut cultivée à grande échelle dès le XIème siècle dans notre région et fut l’objet d’une grande activité économique. On l’appela « l’Or BLEU de la PICARDIE ». On lui doit notre belle cathédrale d’Amiens qui fut érigée de 1220 à 1270 pour le gros œuvre, temps record pour un édifice de cette importance. Il y avait beaucoup de richesses dans la ville : la mairie, l’évêché, les chanoines et surtout la corporation des marchands Waidiers qui contribua largement à sa construction.

Sa culture diminua beaucoup après la guerre de cent ans car les échanges étaient nombreux avec les Anglais qui ont cessé le commerce. Ce sont eux qui ont intensifié sa culture dans le sud-ouest (traingle d’or entre Albi, Toulouse et Carcassonne) sous le nom de pastel.

La découverte de l’indigotier au XVIème siècle fit disparaitre sa culture dans le sud-ouest et la révolution industrielle du XIXème siècle avec la découverte des colorants chimiques marqua la fin de l’usage des colorants végétaux.

Dans le cadre du pôle de compétitivité UP-TEX, des recherches sont effectuées pour la réintroduction de l’usage des colorants végétaux sur les textiles.

Usage médicinal : Des auteurs la citent pour ses vertus astringentes (par les feuilles) et coagulantes. Elle est utilisée en cataplasmes pour soigner les ulcères de la peau et toutes sortes de plaies. L’huile obtenue à partir de ses graines, très riche en acides gras insaturés essentiels pour la peau, lui confère des propriétés protectrices, hydratantes, cicatrisantes et anti-inflammatoires.